Le journal d'une beurette... Récapitulation (2) (13)
Mardi 14 mars 2006 13
Je me suis faite la cerise un beau matin de la mi-octobre pendant mon jour de congé... Et à cause d'un garçon à l'origine, vous voyez je suis quand même récupérable !
Je suis en fuite éternellement, dès qu'une chose me dépasse je me carapate; j'ai profité que GUISLAINE soit à son entrainement de savatte le lundi pour déguerpir, j'ai tout laissé encore, que mon petit sac à dos j'ai pris... Du petit linge et quelques fringues chauds car on était en Octobre et comme je montais, il ne faisait pas torride là-haut. Question finance j'étais mieux lotie que la dernière fois il y a trois ans et demi, j'avais vidé mon compte en banque la veille et crotte à la tête d'une petite fortune !
Même pas prudente, j'ai planqué mon magot dans ma culotte et comme je ne porte que du coton, pas de problème de glisse, si je m'étais faite violée, le salaud aurait eu coup double...Le soir j'ai redormi dans un vieux wagon, la dame pipi qui m'avait offert de l'eau et sa moitié de casse-dalle était sûrement repartie dans son pays, mais non les chiottes étaient à présent automatique... alors virée la black, les salauds ils n'arrêtaient pas le progrès !
J'ai pissé dans un coin !
Le lendemain la direction du buffet de la gare et après un petit déj copieux, pas de brin de toilette, dans le train...
Cela m'ennuyait de quitter ce pays, j'aimais bien la mentalité, le sourire des gens, le climat, les odeurs, la grande bleue et l'autre côté de mes origines... Où vais-je atterrir ?
Dans le ch'tnord ! J'ai une tante du côté de ma mère qui avait consenti de me recevoir ! Mon départ avait été préparé après mon différent avec GUISLAINE, j'en avais marre de jouer la petite cruche de madame et mon histoire avec le garçon avait mis le feu aux poudres.
Ma tante m'avait trouvé une chambre dans un ancien hôtel réaménagé, on verrait bien... dans le gros village, restait le problème du boulot ! Avec ma petite cagnote et des allocs je pouvais tenir largement quelque temps ! Le principal était de ne pas être isolée et le fait d'avoir de la famille bien considérée allait m'être beaucoup utile.
Le voyage se passa bien avec évidemment des ennuyants personnages, une fille seule = des prédateurs en puissance, je ne suis pas une pute !
Le mieux était ne pas répondre, surtout pas, c'est comme sur le net dès que vous êtes branché à un contact il vous saute dessus avec des propositions malhonnêtes... ou des illusions !
A Paris je prennais le RER direct à la gare du Nord et en attendant la correspondance je me suis faite toute petite, les yeux baissés car dans cette gare immense toute une faune pas catho traînait du matin au soir, malgré la foule on pouvait se faire agresser sans que personne ne lève le petit doigt !
Je n'étais pas une provinciale, j'ai grandi dans une cité pas triste et comme j'habitais Sarcelles direct je traînais parfois aussi dans cette gare et m'y réfugiais loin de mes affreux frelons !
Deux heures de train, une demie heure de bus et j'étais dans mon nouvel univers, ma tante, une cousine, deux cousins, l'oncle décédé par suite d'une longue maladie, des embrassades mélées de pleurs et de... you-you !
Le thé et les petits gâteaux du pays !
J'étais vraiment contente de cet accueil chaleureux, c'était comme ça chez nous, ou tu es mal vu d'emblée ou tu es le prophète ! On causa de Moi, que j'étais une belle fille, normal plus de dix ans d'absence pour cette famille, on change !
A aucun moment je ne fis allusion à ma négation religieuse, à mes idées marxistes, à mon penchant secret, je feignais pour ne pas blesser...